
Le radiateur à inertie est aujourd'hui la solution de référence du chauffage électrique domestique. Il accumule la chaleur dans un matériau et la restitue lentement, ce qui lui donne un confort très supérieur à celui du convecteur pour une consommation moindre à température de consigne égale.
Une résistance chauffe un corps de chauffe massif. Ce corps monte en température, la conserve, et continue à rayonner après l'arrêt de la résistance.
Deux conséquences en découlent. La température de la pièce est plus stable : au lieu d'alterner marche et arrêt avec des oscillations perceptibles, l'appareil lisse la courbe. Et la part de rayonnement augmente au détriment de la convection, ce qui réduit le brassage d'air, l'assèchement et le déplacement des poussières.
L'inertie sèche utilise un matériau solide : fonte, aluminium, céramique, stéatite, pierre volcanique. La fonte a la plus forte inertie et la montée en température la plus lente ; la céramique et la stéatite offrent un bon compromis ; l'aluminium chauffe vite et restitue peu.
L'inertie fluide utilise un liquide caloporteur, huile végétale ou minérale, glycol, mis en circulation par convection naturelle dans le corps de l'appareil. La diffusion est très homogène et la montée plus rapide qu'avec la fonte.
Le risque théorique de fuite du fluide existe et reste rare sur les appareils de qualité. Le choix entre les deux relève surtout de l'usage : la forte inertie convient à une occupation continue, la faible inertie à une pièce occupée par intermittence.
La plupart des modèles actuels combinent un cœur de chauffe à inertie et une façade chauffante à faible inertie. La façade répond immédiatement à une demande, le cœur assure la stabilité ensuite.
C'est le meilleur compromis technique disponible aujourd'hui, et c'est ce qui distingue un appareil de gamme moyenne d'un panneau rayonnant simple.
L'ordre de grandeur usuel va de 70 à 100 watts par mètre carré dans un logement correctement isolé, à moduler selon la hauteur sous plafond, l'exposition et la qualité des menuiseries.
Le surdimensionnement est une erreur coûteuse et fréquente : un appareil trop puissant fonctionne par à-coups, dégrade la régulation et ne consomme pas moins. Deux appareils modestes valent mieux qu'un seul très puissant dans une pièce longue.
Le placement compte autant : sous une fenêtre pour contrer la descente d'air froid, dégagé de tout meuble, jamais derrière un rideau.

C'est le poste le plus rentable, et de loin. Un thermostat électronique précis, une programmation par pièce, un abaissement nocturne et pendant les absences : chaque degré de moins représente environ 7 % de consommation en moins.
Dix-neuf degrés dans les pièces de vie, dix-sept dans les chambres, seize dans une pièce inoccupée. Sur un appareil à forte inertie, l'abaissement doit anticiper : programmer la remise en chauffe une heure avant l'occupation, sans quoi l'inertie joue contre le confort.
Les fonctions de détection d'ouverture de fenêtre et de présence sont utiles à condition d'être paramétrées, elles ne le sont pas à la sortie d'usine, et c'est la première chose à faire après l'installation.
Le convecteur coûte moins cher et donne un confort nettement inférieur. Le panneau rayonnant répond vite et ne conserve rien. Le radiateur à inertie se situe au-dessus des deux.
Face à une pompe à chaleur, en revanche, l'écart reste structurel : le chauffage électrique direct restitue un kilowattheure pour un consommé, une pompe à chaleur en restitue trois à quatre. L'inertie améliore le confort et la régulation, elle ne change pas cette physique.
Le raisonnement complet est donc : isoler d'abord, choisir l'émetteur ensuite, et le dimensionner après les travaux plutôt qu'avant.